Escape GameLondresSherlock : The Game is NowSherlock : The Game is Now

Sherlock : The Game is Now

35% Fouille
30% Manipulation
35% Réflexion
  • Thème
    Enquête | Explorateur
  • Niveau
    Intermédiaire
  • Immersion
    👌 Parfait
  • Nombre de joueurs
    4 à 30 joueurs (sur 5 salles)

La sortie de « Sherlock : The Game is Now » fut un événement dans le monde des jeux d’évasion grandeur nature. Produit dérivé officiel de la série « Sherlock », cet escape game londonien est devenu, en décembre 2018, le premier à exploiter une licence de manière pérenne.

À la création de cette salle, on retrouve Nick Moran, connu pour avoir lancé l’enseigne mondialement réputée Time Run, où nous avions eu la chance de jouer avant que l’établissement et ses deux rooms ferment leurs portes, en avril 2018. Pendant deux ans, Nick Moran a collaboré avec les auteurs et producteurs du populaire show de la BBC pour donner vie à « Sherlock : The Game is Now ».

Le scénario

« Sherlock est absent. Alors qu’une série de cambriolages frappe la capitale anglaise, son génie manque aux Londoniens. Mycroft Holmes a lancé un appel : The Network est à la recherche de nouvelles recrues, des volontaires à l’œil aiguisé et à l’esprit vif qui ont soif d’aventure. Serez-vous à la hauteur du légendaire détective ? Bonne chance : le jeu démarre maintenant. »

Sur le site web de « Sherlock : The Game is Now », première surprise : vous n’en saurez pas plus sur le lieu où se trouve la salle. Vous lirez simplement qu’elle est installée dans un « endroit tenu secret au cœur de Londres ». Ce n’est qu’une semaine avant votre partie que ce mystère sera dévoilé. « Sherlock : The Game is Now » se trouve dans l’ouest de la capitale, à quelques mètres d’une station de métro. Son entrée en matière est extrêmement originale et immersive. Vous découvrirez un lieu de couverture qui fait parfaitement illusion, dans lequel vous pénétrerez sans éveiller aucun soupçon… L’emplacement du QG de The Network est un secret bien gardé et il doit le rester.

À peine arrivés, nous sommes accueillis par un comédien bien dans son rôle, qui est rapidement rejoint par un deuxième acteur…

Une attraction minutée et maîtrisée

Une information très importante avant d’aller plus loin : le site web de « Sherlock : The Game is Now » précise que le jeu « nécessite un niveau basique d’anglais. Vous devez être capable de lire et de parler anglais. » « Basique », le mot est faible : la salle est truffée de lecture et de bande-sons en grande majorité non sous-titrées en anglais. Le débit de parole des différents intervenants est élevé, certaines expressions utilisées à l’écrit sont loin d’être du vocabulaire de base, et on y trouve même un jeu de mot crucial pour résoudre une énigme. En bref, la room exige un excellent niveau de compréhension orale et écrite de l’anglais, et vous demandera en outre de vous exprimer un minimum dans cette langue. Si vous n’êtes pas à l’aise vous en profiterez peu, il faut le savoir.

Plus qu’un escape game réussi, « Sherlock : The Game is Now » est une attraction maîtrisée. Précisons qu’il s’agit d’une grosse machine : la salle est disponible en cinq exemplaires et, si le planning de réservation est rempli, cinq équipes peuvent débarquer au local en l’espace de 15 minutes. Cet escape game est organisé comme un « parcours » : sur le même principe que Time Run en son temps, un autre groupe prendra votre suite 30 minutes seulement après votre entrée.
Un peu comme un spectacle, il s’agit d’une expérience réglée à la minute près. Le début du jeu donne vraiment l’impression d’être au théâtre : quelques effets se déclenchent par exemple de manière synchronisée avec les dialogues des comédiens, qui sont en contact avec une régie par le biais d’une oreillette.

Le gros avantage de cet escape game sous licence officielle, c’est que vous profiterez de vidéos spécialement tournées pour l’occasion. Les personnages phares de la série s’adresseront à vous, Watson (Martin Freeman) et Moriarty (Andrew Scott) en premier lieu. À noter que Benedict Cumberbatch alias Sherlock Holmes s’est contenté d’enregistrements audios.

L’immersion est particulièrement soignée, elle est parfaite du début à la fin. Un énorme regret cependant : l’une des photos promotionnelles montre une salle qui est la reconstitution du bureau de Sherlock Holmes ; il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de la série et, en découvrant cette image, on s’imagine déjà tout fouiller, tout toucher… sauf qu’il ne s’agit pas d’une pièce de jeu. Un comble. Vous y passerez quelques minutes avant de lui dire adieu : le temps de regarder une vidéo, de prendre une photo d’équipe qui attestera de votre passage au 221B Baker Street, and that’s it.

Les décors dans lesquels vous jouerez sont tout aussi qualitatifs même s’ils ne présentent rien d’impressionnant : ils sont assez classiques et ne vous en mettront pas plein la vue. Les fans assidus de la série auront néanmoins le plaisir de jouer dans deux pièces qu’ils connaissent bien…

Un jeu qui retranscrit l’essence de la série

Même si le jeu ne prend pas la forme d’une enquête, il réussit assez bien à retranscrire l’essence de la série et de son personnage éponyme : collecte d’informations, observations et déductions sont au programme. Le revers de la médaille, c’est que « Sherlock : The Game is Now » est parfois assez répétitif. Le rythme pêche aussi par moments parce que la room est construite autour de longues périodes d’observations qui vous mèneront à valider une seule et même étape. Plutôt que de petites avancées qui donnent régulièrement la sensation de progresser, ici vous aurez besoin de jusqu’à dix informations pour résoudre une énigme. Il ne vous restera plus qu’à croiser les doigts pour avoir visé juste, sans quoi vous devrez tout repasser en revue, sans savoir où vous vous êtes trompés.

Sans doute les créateurs souhaitaient-ils secouer ce gameplay ronronnant avec la dernière partie du jeu, qui est à l’opposée de cette mécanique et permet ainsi de redonner du souffle à l’aventure. On a paradoxalement regretté qu’elle nous éloigne radicalement de l’univers de « Sherlock », à la fois en termes de décors et d’énigmes. Si vous étiez propulsés sans contexte à ce stade de la mission, vous n’imagineriez pas une seule seconde être dans une room Sherlock Holmes – excepté grâce à la vidéo omniprésente d’un personnage de la série, pratique béquille.

Un « parcours client » qui prend fin au Mind Palace

Le debriefing du jeu est identique à celui que proposait Time Run : dans une pièce dédiée, un game master que vous n’avez pas encore rencontré, qui n’a pas suivi votre partie mais à qui on a transmis une fiche de liaison, récapitulera vos points faibles et vos points forts et répondra à vos éventuelles questions. Impossible de refaire un tour dans la salle puisque d’autres joueurs l’occupent déjà.

Après ce debrief, le « parcours client » continue : vous découvrirez un très grand et très chic bar, The Mind Palace – nom d’un moyen mnémotechnique utilisé par Sherlock –, dernier clin d’œil à la série.

« Sherlock : The Game is Now » rendra surtout heureux les fans anglophones du show télé de la BBC. Car sans la licence, force est de constater que cet escape game aurait beaucoup moins d’intérêt. Il en resterait une bonne salle très immersive, sans rien de particulier mis à part son entrée en matière théâtrale et originale.

Découvrez le teaser vidéo de « Sherlock : The Game is Now » :