Escape GameRoissy-en-FranceTeam BreakFort Boyard

Fort Boyard

15% Fouille
60% Manipulation
25% Réflexion
  • Thème
    Histoire | Patrimoine culturel
  • Niveau
    Pour débuter
  • Immersion
    Assez bien
  • Prix
    23,50 - 31€/joueur
  • Nombre de joueurs
    4 à 10 joueurs

Aux balbutiements des jeux d’évasion grandeur nature en France, l’escape game était souvent comparé à un « Fort Boyard sans épreuves physiques ». Une formule pratique pour expliquer le concept à ses grands-parents sans y passer une heure.

De nombreux escape gamers rêvaient d’une room « Fort Boyard » et ils ont été entendus : Adventure Line Productions, société productrice du jeu télévisé, a ainsi signé un partenariat avec la franchise Team Break, présente un peu partout en France. Cette salle est officiellement disponible depuis l’été 2018 non pas sur le fort lui-même ni en Charente, mais en Île-de-France, au centre commercial Aéroville situé à Roissy-en-France, près de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Le complexe est accessible en transports en commun depuis Paris grâce au RER B puis à un bus qui vous déposera à quelques mètres de l’enseigne.

C’est donc là-bas que débute notre aventure, un jour de janvier 2019. On n’a peur ni des tigres, ni des mygales, ni de La Boule (RIP) : on fonce à Team Break Aéroville aider le Père Fouras !

Le scénario

« Le célèbre gardien du fort, le Père Fouras, découvre le plan machiavélique de Pédro qui projette de voler le trésor du Fort Boyard. Il convoque donc les meilleurs agents Team Break afin de mettre en lieu sûr le trésor, mais plusieurs épreuves devront être surmontées afin de mener à bien cette délicate opération. »

Après nous avoir fait patienter dans l’espace d’accueil pendant 25 minutes sans que l’on sache pourquoi, notre game master nous tend des tee-shirts à l’effigie des mythiques tigres de « Fort Boyard », un peu comme si nous étions de vrais candidats équipés spécialement pour l’émission. Nous voilà à l’intérieur de la salle, où le Père Fouras, par l’intermédiaire d’une vidéo, nous explique la délicate situation dans laquelle il se trouve. Il nous appelle à la rescousse.

La room multiplie les clins d’œil à l’émission télé

Le point positif de l’escape game « Fort Boyard », c’est qu’il multiplie les clins d’œil à l’émission (et on n’en attendait pas moins !) : certaines étapes imitent carrément le déroulement et la scénographie du show télé, et quelques énigmes et manipulations évoquent directement des épreuves installées sur le fort. Vous croiserez même un personnage qui vous sera forcément familier…

Les décors, eux, sont plutôt réussis si l’on ne regarde pas trop haut ni de trop près. Trop haut, où les dalles blanches du plafond technique sautent aux yeux, gâchant ainsi l’immersion. Trop près, car l’usure a déjà bien abîmé certains murs, accessoires et mécanismes, en plus des quelques câbles électriques qui dépassent ici et là… Le jeu débute dans un environnement que vous serez bien en peine d’identifier : vous serez au sein du fort, certes, mais où exactement ? En revanche, si on vous montrait la dernière partie du décor sans élément de contexte, vous prononceriez immédiatement les mots « Fort Boyard » : vous reconnaîtrez tout de suite ce que les créateurs ont souhaité reproduire, cette pièce réussit donc son petit effet.

Accumulation de bugs

Entre les clins d’œil distillés tout au long du jeu et les décors qui font à peu près l’affaire, cet escape game aurait donc ce qu’il faut pour contenter les joueurs fans de « Fort Boyard » ? Selon nous ce n’est pas vraiment le cas malheureusement, et cela pour deux raisons :

  • Notre test avait déjà été reporté car une équipe avait « cassé un mécanisme ». Cette fois, Team Break a estimé que la room était jouable puisque, sur place le jour J, rien ne laissait présager le moindre problème. Pourtant, sur les huit principaux mécanismes que compte la salle, quatre n’ont pas fonctionné lors de notre partie. Trois cas de figure se sont présentés. Soit ils se sont activés lorsque nous les manipulions, alors même que nous n’avions pas encore tous les éléments nécessaires. Soit nous n’avons jamais réussi à les activer. Soit, pour deux d’entre eux, ils ont été activés directement par le game master. Ce dernier a notamment dû intervenir à l’aide d’une échelle afin de débloquer manuellement ce qui est censé être le clou du spectacle. Adieu immersion et fluidité.
  • Cette accumulation de bugs n’aide évidemment pas à s’y retrouver dans le jeu. Mais si notre partie a été hachée et brouillonne, c’est également parce que les énigmes ne sont pas toujours très intuitives. Elles poussent parfois vers des fausses pistes, notamment à cause de pictogrammes qui nous laissent, encore aujourd’hui, interrogatifs – s’agit-il de vestiges d’anciens casse-têtes ? Elles ne sont pas intégrées au scénario et donc assez artificielles, ce qui ne favorise pas non plus la fluidité du jeu. Enfin, il manque parfois des feed-back qui permettraient de comprendre instantanément ce qu’elles débloquent une fois résolues.

L’autre hic, c’est qu’il n’y avait pas que des mécanismes qui étaient cassés : un micro refusait également de fonctionner, obligeant le game master à entrer en pleine session pour nous demander : « Ça vous dérange si je laisse la porte ouverte en la bloquant avec une chaise ? Sinon je ne pourrai pas vous entendre… » Enfin, nous avons été étonnés par le silence de plomb régnant pendant la partie, alors qu’une bande-son du générique de « Fort Boyard » aurait été parfaite pour accompagner notre mission. Réponse du maître du jeu : « Normalement c’est le cas, mais là on a un problème technique. »

Sans tous ces inacceptables ratés, nous aurions sans doute ajouté une étoile supplémentaire à cette room. Le mot final revient d’ailleurs à notre sympathique game master qui, au moment de nous souhaiter une bonne journée, a conclu : « Je vous conseille de revenir pour Prison Break ou Lost parce qu’il y a moins d’électronique dans ces salles-là, il y aura moins de bugs. »

Découvrez le teaser vidéo de l’escape game Fort Boyard :